Actualités

Le nouveau dossier pénal numérique attaqué en justice par des associations LGBT

Quatre associations LGBT ont déposé, ce Lundi 6 Juillet, un recours pour excès de pouvoir devant le Conseil d’État contre le tout nouveau « dossier pénal numérique » destiné à numériser la totalité de la procédure judiciaire, l’accusant de permettre le « fichage des homosexuels ».

Le « dossier pénal numérique » (DPN), issu de la réforme de la justice de mars 2019, est entré en vigueur le 25 juin avec la parution d’un décret d’application au Journal officiel. Outil de la dématérialisation de la procédure pénale, de la plainte jusqu’au jugement, le DPN doit selon le décret « permettre de rendre la justice pénale plus efficace en la modernisant et en la simplifiant (…), de rendre plus effectives les décisions des magistrats, de donner plus de sens à leur mission et de rétablir la confiance des citoyens en la justice ».

Ce nouveau système de traitement informatisé pourra permettre l’enregistrement de différents actes d’enquêtes (procès-verbaux, expertises, rapports, etc.) et d’informations à caractère personnel sur les témoins, les victimes ou les personnes mises en cause (mis en examen ou témoins assistés) en lien avec l’affaire. Ces informations pourront être, selon le décret, «de la nature de celles mentionnées» dans l’article 6 de la loi «Informatique et libertés» de 1978, qui vise – entre autres – «la vie sexuelle ou l’orientation sexuelle d’une personne physique».

Sauf pour les personnes soupçonnées d’infractions à caractère sexuel, il s’agit d’une « collecte inutile et disproportionnée », dénonce dans un communiqué l’association Mousse, qui a déposé le recours avec les associations Stop Homophobie, Familles-LGBT et Adheos. « Une fois stockées dans le dossier en ligne, ces informations seront accessibles à de nombreux intervenants, que le décret ne définit par précisément », relève Mousse en soulignant le « risque élevé » que fait porter le décret sur le respect des données personnelles.

Consigner l’orientation sexuelle des témoins et victimes est contre-productif. Cela va dissuader les victimes de porter plainte et les témoins de venir témoigner. C’est inacceptable !

Frédéric Hay
Président de l’association Adheos

Faute d’orthographe ? Veuillez nous en informer en sélectionnant le texte et en appuyant sur « Ctrl + Entrée ».

Dylan Fouville

Dylan Fouville

Vous pouvez suivre le compte Twitter : @LGBTFranceCM et si vous avez des questions dylan.f@lgbtfrance.fr.

Vous pourriez également aimer...

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *