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Des comptes de militants LGBT suspendus pour avoir utilisé le mot « pédé »

Depuis une semaine, une quinzaine de militants LGBT et activistes de la lutte contre le sida ont vu leurs comptes Twitter et Facebook suspendus après l’emploi du mot « pédé » dans des publications. Une situation qui préfigure ce qu’entraînera la loi Avia contre la haine en ligne lorsqu’elle sera appliquée.

Gwen Fauchois, Cécil Lhuillier, Laurent Babonneau…

Tous les comptes qui ont été suspendus, ce sont ceux d’activistes LGBT historiques, et ils seraient homophobes ?!

Fred Bladou

Agé d’une cinquantaine d’années, dont plus d’une trentaine consacrées à la lutte pour les droits des LGBT, il est atterré. En à peine une semaine, une quinzaine de comptes de militants ont été suspendus sur Twitter et Facebook, de quelques heures à plusieurs jours. Leur point commun : chaque fois, le terme « pédé » a été employé dans les publications mises en cause. 

« C’est pas la loi Avia qui me rendra moins PD. »

Pour Twitter et Facebook, l’usage du terme « pédé » est considéré comme allant à l’encontre des règles relatives aux conduites et discours haineux.

Voir leur discours politique censuré, c’est exactement ce que craignaient ces militants après l’adoption le 13 Mai de la proposition de loi de Laetitia Avia (LREM) pour lutter contre la haine en ligne. Ce texte prévoit, pour les plateformes et moteurs de recherche, l’obligation de retirer sous vingt-quatre heures les contenus «manifestement» illicites, sous peine d’être condamnés à des amendes pouvant aller jusqu’à 1,25 million d’euros. La loi ne doit pas être appliquée avant le 1er juillet, « mais on dirait bien que les plateformes ont voulu anticiper. Ça fait dix ans que j’utilise le mot « pédé » sur Facebook et je n’ai jamais été bloqué avant », constate Fred Bladou. Pour les militants, les motifs de ces sanctions sont d’autant plus flous que l’emploi d’autres termes comme « gouine » n’a pour l’instant pas provoqué de suspension de comptes.

Malgré tout, les activistes n’ont que peu d’espoir de voir cette loi abrogée. Pour l’instant, ils s’interrogent sur la façon dont ils vont pouvoir continuer à mener des actions tout en évitant la « censure ».

On a peur des violences policières en manifestation. Maintenant, même sur les réseaux sociaux, on ne peut plus s’exprimer. Comment on fait pour dénoncer ?

Fred Bladou

Comme beaucoup d’autres militants, il a peur d’une chose en particulier : être obligé de remplacer le mot « pédé » par un autre.

On devra penser à la censure à chaque fois qu’on écrira un slogan sur une banderole… On ne sera plus libres de choisir ce que l’on dit.

Fred Bladou

Pour Gwen Fauchois, il est essentiel que les termes utilisés depuis toujours dans les luttes LGBT aient leur place sur les réseaux sociaux.

Se confronter au fait qu’on nous empêche de nous exprimer et de nous organiser, c’est constitutif de nos identités et de nos luttes. Donc on trouvera les moyens appropriés.

Gwen Fauchois

Source : https://www.liberation.fr/france/2020/05/27/des-comptes-de-militants-lgbt-suspendus-pour-avoir-utilise-le-mot-pede_1789563.

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Manon

Manon

Je suis rédactrice chez LGBT France :)

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1 commentaire

  1. Avatar
    Zack a dit :

    Trop facile !

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